l\'indigné

Méditerranéennes

On aime beaucoup Méditerranéennes

Politique par Serge Moati

 

 

Tout autour de la Méditerranée, les femmes sont en mouvement. Soeurs de combat, elles s'opposent aux dictatures, à l'injustice sociale et au harcèlement sexuel. En Egypte et en Tunisie, mais aussi en Israël, en Espagne ou en Italie, elles ont choisi de dire non à l'oppression pour former une étonnante mosaïque humaniste. Artistes, juristes, journalistes ou simplement citoyennes, elles militent ainsi avec de nombreux espoirs pour défendre leurs droits dans leurs pays respectifs. Elles rêvent d'un avenir pacifique dans un monde tolérant. Rencontre avec ces femmes investies dans une bataille défendant la démocratie et la liberté d'agir et de penser.

La critique TV de télérama du 15/06/2013

On aime beaucoup

Comme un feu follet qui se propage le long des deux rives de la Méditerranée... Il y a deux ans, des « printemps arabes » pas encore confisqués aux Indignés espagnols, en passant par la révolution des tentes en Israël, les femmes furent partout en première ligne. S'embrasant contre les dictatures, revendiquant la reconnaissance de leurs droits, initiant dans les combats une autre façon de faire de la politique. L'autoportrait nu publié alors sur son blog par la jeune Egyptienne Aliaa Elmahdy fait l'effet d'une déflagration dans le monde arabo-musulman. Protestation contre « une société de violence, de sexisme, de harcèlement sexuel et d'hypocrisie », son cliché déchaîne l'ire, les insultes, les menaces de mort, la contraignant à l'exil. Au-delà de l'unanimisme affiché contre Moubarak désormais déchu, il est le révélateur d'un débat tabou sur l'enfermement du corps féminin. La « révolution officielle » contiendrait les germes d'une révolution qu'elle s'essaie à faire taire. « Par son acte, elle dit : "Vous avez un problème avec mon corps à propos duquel vous faites toutes ces lois." Elle fait la révolution, et ça fait peur », analyse l'écrivaine tunisienne Faouzia Zouari.

 

Foisonnant tissage des propos de ces Méditerranéennes en lutte, le film instille une réflexion sur l'instrumentalisation de leurs corps. Par les hommes, par les religions, par la télévision... A la manière d'un Moati, ogre débonnaire que l'ampleur du sujet n'effraie pas et qui met sa candeur optimiste au chevet d'un avenir radieux, le documentaire alpague avec une pédagogie bonhomme des thématiques ardues. Pariant sur l'insurrection qui permet de sortir du carcan des représentations figées, gageant que les femmes dé­verrouilleront l'avenir. — Marie Cailletet

 

 

 

Marie Cailletet



18/06/2013
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